Alors que OnePlus se retire du marché européen en cette année 2026, Oppo devrait normalement y occuper la place laissée vacante. C’est probablement dans ce contexte qu’arrive la Oppo Pad 5, une tablette de milieu de gamme raisonnable. Le constructeur chinois met trois éléments en avant pour tenter de se démarquer de la concurrence : un écran spécialement confortable à utiliser, une batterie haute capacité généreuse et de nombreux outils IA pour assister à l’écriture et à la lecture.
Voyons dans ce test complet ce qu’il en est. Avec ses caractéristiques modestes et son prix autour des 500 €, outre l’iPad elle vient notamment affronter les plus récentes Xiaomi Pad 8, Samsung Galaxy Tab S10 Lite, OnePlus Pad 3 et autres Lenovo Idea Tab Pro.

Prix et disponibilité de la Oppo Pad 5
Point de déclinaisons ou de couleurs variées pour la Oppo Pad 5, en dehors d’une version WiFi et d’une version 5G. La première est vendue 469 € (temporairement 419 €), tandis que la seconde grimpe à 529 € (479 €). Une unique couleur Starlight Black est proposée, avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Le stylet est vendu en option.
Design : difficile de faire plus classique
Dotée d’une épaisseur assez élevée de 6,83 mm pour un poids assez important de 597 g, la Oppo Pad 5 n’est pas l’ardoise la plus transportable du secteur. De toute façon, avec sa certification IP40 modeste (protection contre les particules solides d’un diamètre de 1 mm ou plus, mais pas l’eau), elle n’est pas vraiment pensée pour être trimballée partout.

Très classique dans sa conception en plastique, la tablette ne surprendra personne qui en a déjà eu une en main. Les boutons sont aux endroits habituels dans l’un des coins, de même que le slot SIM (compatible double SIM et microSD, on apprécie), l’unique capteur photo au dos et les quatre grilles de haut parleur. Bref, pas grand-chose à dire côté design, même si l’on aurait apprécié un produit un peu tout terrain dans cette gamme de prix, ou encore une prise jack étant donné l’épaisseur proposée.

Écran : une compatibilité HDR et plusieurs faiblesses
Autour des 500 €, il faudra sans surprise faire un trait sur une dalle OLED. On retrouve donc une solution LCD de 12,1 pouces, dotée d’une définition de 2800 x 1980 pixels, pour une résolution correcte sans plus de 284 ppp. La compatibilité Dolby Vision vient partiellement compenser cela, tandis que la fréquence de rafraichissement de 120 Hz est assez classique. Impossible également de ne pas relever des bordures noires épaisses assez présentes autour de la dalle. Son ratio affichage/taille de 80,5 % n’est pas très flatteur et l’ensemble peut surtout remercier sa compatibilité HDR pour se démarquer un peu.

D’autant que concernant la luminosité, la Oppo Pad 5 se situe dans la moyenne de cette gamme de prix, avec un pic maximum mesuré à 837 cd/m² permettant de plutôt bien voir son contenu même avec une lumière venant frapper l’écran. Pour la partie colorimétrie enfin, à l’instar d’autres constructeurs, Oppo sélectionne par défaut le mode “Vive”.
Ce dernier propose des couleurs plus flatteuses mais moins réalistes, à cause notamment d’un Delta E 2000 sRGB assez élevé (3,5), une balance des blancs trop froide (6862 K) et un Delta E des gris trop élevé (2,9). Pour améliorer cela, direction le profil “Naturel” qui permet de rééquilibrer les choses pour une utilisation sRGB classique : sRGB à 1,2, P3 à 2,9, balance des blancs à 6379 K et gris à 2,1.
Performances : un SoC à la peine
Sur la page officielle de la Pad 5, Oppo ne met pas trop en avant les performances de sa tablette. Et cela se comprend. Quand il est question de benchmarks, le MediaTek Dimensity 7300-Ultra est clairement à la traîne face aux SoC de produits équivalents. Comme pour la Samsung Galaxy Tab S10 Lite, il s’agit ici d’une ardoise conçue pour un usage multimédia/navigation/bureautique raisonnable.
© Laura Mietton Servadei / 01net.comMajoritairement fluide quand il est question de naviguer dans son interface et entre ses applications grâce à ses 8 Go de RAM, la Oppo Pad 5 ne pourra faire tourner correctement des jeux vidéo gourmands qu’en sacrifiant la qualité des graphismes. La bonne nouvelle, c’est que la tablette ne chauffe presque pas même quand elle est poussée dans ses retranchements, avec un maximum mesuré à 31.4 °C.
Côté puces enfin, rien que de très classique pour 2026 et un prix abordable, puisque l’on retrouve du Wifi 6 et du Bluetooth 5.4. Pour des moutures plus récentes et des performances plus solides, il faudra accepter de dépenser quelques centaines d’euros de plus dans une alternative.
Audio : propre
Vous l’aurez probablement compris au fil de ce test, Oppo a réalisé plusieurs sacrifices pour faire baisser le prix de sa tablette. Nous nous attendions donc à ce que la partie sonore, très souvent sacrifiée chez la concurrence, ne fasse pas exception.
C’est donc avec une bonne surprise que nous avons constaté qu’il s’agit d’une solution plutôt satisfaisante, allant un peu au-delà du simple appoint. Le volume maximum est élevé tout en évitant de trop saturer et l’équilibre du spectre audio est assez bon malgré des mediums un peu trop présents. De quoi profiter correctement de ses vidéos, voire même de musique dans des conditions tout à fait acceptables avec un brin de basses.
Autonomie : un souffle certain
Voilà sans aucun doute le vrai point fort de la Oppo Pad 5 : son autonomie. Avec sa généreuse batterie de 10050 mAh, elle se place dans le haut du panier des ardoises de milieu de gamme les plus endurantes avec 14 h 18 mesurées lors de notre test maison mixte. Ce dernier mesure le temps que met l’appareil pour passer d’une batterie chargée jusqu’à ce qu’elle atteigne 5 %. De quoi naviguer, travailler et se divertir un bon moment sans avoir besoin de passer par la case recharge, d’autant que la décharge quand la tablette n’est pas utilisée est minimale.

Une nouvelle spécialement bonne quand on se penche sur les performances de la tablette pour se recharger. Limitée à une recharge rapide à 33 W, la Oppo Pad 5 a besoin de 2 h 19 pour passer de 0 à 100 %. C’est plusieurs dizaines de minutes de plus que ses concurrentes, et il faudra anticiper cette lenteur qui se retrouve dans le temps nécessaire pour récupérer 10 petits pourcents, à savoir 10 minutes. Il arrive plus souvent qu’il soit urgent de recharger rapidement un smartphone qu’une tablette, mais cette lenteur reste regrettable.
Logiciel : ColorOS, une assez bonne élève
ColorOS 16, basée sur Android 16, est une surcouche sympathique. Colorée, fluide et assez complète, elle ne succombe ici qu’à une petite poignée de bloatwares. Si elle n’égale pas d’autres solutions du côté des options d’ergonomie et de productivité spécifiques aux tablettes, la Oppo Pad 5 propose malgré tout suffisamment d’outils pour naviguer et travailler selon ses besoins.

On apprécie notamment les raccourcis dédiés aux applications et aux fichiers récents sur la barre des tâches. La synchronisation avec d’autres appareils (smartphone, PC et TV) est assez complète.
Côté IA, outre les outils intégrés de Google (Gemini, Entourer pour chercher…) on relèvera Oppo AI, qui propose quelques ajouts classiques : rédaction, traduction, outils autour de la voix ou encore création et retouche d’image. Suffisant pour cette gamme de prix, mais ceux qui en veulent plus devront aller chercher leur bonheur ailleurs.
Concernant les mises à jour enfin, il est question de versions Android et de correctifs pendant cinq ans, ce qui est aujourd’hui le minimum attendu de l’industrie.
Photo : personne ne sera surpris
Comme la vaste majorité des tablettes, Oppo propose quasi le minimum syndical avec sa Oppo Pad 5 : un capteur principal de 8 Mpx et un capteur à selfies, lui aussi de 8 Mpx. Pour prendre des photos de documents ou même quelques clichés dans un cadre bien ensoleillé, le capteur principal fait son job malgré une colorimétrie un brin tristoune.
On évitera en revanche de zoomer, surtout jusqu’au maximum de x10, à moins de spécialement apprécier la peinture tant le rendu est rapidement abstrait. De même, dès que la luminosité baisse, le piqué se dégrade et les textures disparaissent, résultant en des clichés rarement exploitables.
Même constat pour le capteur à selfies, qui pourra très bien dépanner pour de la visio dans un cadre lumineux adapté, avec ou sans effet de flou. Les influenceurs en quête du plus bel autoportrait sauront déjà qu’une ardoise n’est pas l’outil adapté. Pour la vidéo c’est véritablement le minimum : 1080p à 30 FPS.
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